Le réalisateur, qui a signé une quinzaine de films indépendants, suit depuis plus d'un an le quotidien de trois jeunes âgés entre 17 et 22 ans, réunis par les épreuves qu'ils doivent surmonter pour aspirer à une vie meilleure.
Michael Stiverne a été inculpé pour possession d'armes, vols de voitures et trafic de drogue.
Il passe encore ses fins de semaine en prison et est à la recherche d'emploi, ce qui est loin d'être évident avec un casier judiciaire.
Dany Raymond est un jeune décrocheur qui a passé des familles d'accueil aux centres jeunesse. « Je n'aimais pas ça rentrer dans l'école parce que je savais que j'allais me faire écoeurer. J'ai même déjà pensé au suicide », raconte-t-il à la caméra.
Alexandre Bryson a grandi sans ses parents. Il a quitté les bancs d'école et consommé de la drogue. Dans le documentaire, le jeune raconte qu'il a déjà rendu visite sa grand-mère « gelé comme une balle » et que cette dernière lui a répondu qu'il « vaut plus que ça ».
M. Isacsson a renconté plus de 60 jeunes avant d'arrêter son choix sur eux.
« J'ai comme principe que chacun à le potentiel de réussir et je voulais aborder Montréal-Nord en tant que quartier défavorisé et multiethnique », raconte-t-il en entrevue.
Le réalisateur indique que le projet est né de l'affaire de Fredy Villanueva, abattu lors d'une opération policière dans le quartier en 2008, qui a suscité de vives réactions dans la communauté.
« Pendant quelques jours, j'ai beaucoup réfléchi. Je me suis demandé si j'allais faire quelque chose en lien avec ça, ou je m'abstiendrais », poursuit-il.
Un impact positif
Si le réalisateur n'a pas le contrôle sur le scénario de vie de ses jeunes, celui-ci demeure tout de même convaincu que son documentaire aura un impact positif sur leur destinée.
« Ce n'est pas moi qui choisi le dénouement de l'histoire. Mais pour eux, c'est déjà une petite reconnaissance », affirme-t-il.
Contrairement à tous ses autres tournages, M. Isacsson prend le temps de développer une relation avec ses personnages.
« On ne travaille pas hit and run. Je préfère les scènes intimistes. Avant je suivais des conflits médiatisés. C'était ma recette pour que l'histoire soit dramatique. Mais le quotidien des gens peut être tout aussi dramatique », explique-t-il.
Avec ce projet, M. Isacsson se dit même être, en quelque sorte, le confident de ses jeunes.
« On ne peut pas s'empêcher de leur donner des conseils. Et je dois savoir ce qu'il se passe dans leur vie pour tourner les meilleures scènes », ajoute-t-il.
Fait encourageant, les jeunes sont maintenant tous impliqués dans des projets communautaires. Dany est dans un programme du Carrefour-jeunesse emploi et s'investi dans le projet Musique X, Michael fait partie du programme « 2e chance » des Fouchettes de l'espoir et Alexandre partira en voyage avec le groupe Katimavik.
Le documentaire, qui est produit par Jeannine Gagné de la maison de production Amazon films, devrait être présenté dans plusieurs festivals et diffusé au Canal D dès l'automne 2012.

