C’est la Fondation Mobilys qui a reçu l’aide financière du gouvernement pour développer un « outil de mobilisation », comprenant notamment le site web www.leseffetsdudecrochage.com. Dans celui-ci, les gens sont invités à remplir un formulaire pour participer à un projet scolaire dans leur communauté.
La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, estime qu’elle « ne se trompe pas en investissant dans ce projet » et insiste sur le fait qu’il permettra de « créer des liens de solidarité ».
« Nous voulons que chaque école puisse avoir ses vitrines (sur le web), expliquer ses bons coups et inviter les gens à s’impliquer dans l’école. Ça peut se faire par du temps, de l’argent ou encore une contribution en biens et services », explique-t-elle.
L’école secondaire Henri-Bourassa, située dans un quartier dit défavorisé, a d’ailleurs participé au projet-pilote en créant une page Facebook, où les gens sont invités à faire un don de matériel de sport ou encore devenir bénévole pour une sortie scolaire.
Le directeur de l’établissement, Jean-François Bouchard, souligne que le projet a notamment réussi à attirer un chef d’orchestre qui répare des instruments de musique, ou encore une compagnie qui fournit gratuitement du matériel multimédia.
« Nous avons crée une dynamique communautaire, mais cela demande beaucoup d’engagement du personnel. Sans leur implication, le projet ne peut pas fonctionner », précise-t-il.
La Fondation Mobilys s’est donné l’ambitieux objectif de réunir des gens prêts à donner un coup de main pour 90 écoles à travers le Québec.
Responsabilité partagée
Même si le projet vise à promouvoir la réussite scolaire, Mme Beauchamp est consciente qu’il ne pourra, à lui seul, venir à bout du problème du décrochage scolaire.
« C’est un ensemble de facteurs qui va assurer la réussite des jeunes. Mais ça ne peut pas reposer que sur les épaules des professeurs. Il faut qu’il y ait toute une communauté engagée », souligne-t-elle.
Interrogée sur les défis concernant les enfants en difficulté d’adaptation et d’apprentissage, la ministre a rappelé que les syndicats et les commissions scolaires se sont déjà entendus, entre autres, pour libérer les professeurs en envoyant certains enfants dans des classes répit.
Par ailleurs, Mme Beauchamp a profité de l’occasion pour confirmer l’implantation du bulletin unique cet automne, convaincue que cette mesure permettra aux parents « de mieux suivre l’évolution de leur enfant ».

