L’ensemble se veut avant tout une rencontre, un carrefour entre musiques moyen-orientale, occidentale, byzantine, klezmer, amérindienne… Dans le cas d’Éponyme, spectacle qui ouvre la saison musicale à la MCC, c’est à une poignée de main entre les musiques arabe et occidentale que l’on assiste.
« J’aime bien les rencontres, confie la fondatrice et compositrice du groupe, Katia Makdissi-Warren. Je reviens souvent à cette phrase de Montaigne, qui disait : “Il y a un peu de moi dans l’autre et de l’autre dans moi”. »
Son histoire s’ouvre elle-même sur une rencontre, comme c’est le cas de tant de gens à Montréal-Nord. De père québécois et de mère libanaise, Mme Makdissi-Warren a toujours voulu rapprocher ses deux origines par – et dans – la musique.
« Ça a pris du temps parce que ce n’était pas à la mode, disons dans les années 1990, admet-elle. Au conservatoire, ils m’avaient dit : “Ce n’est pas des choses intéressantes à faire”. »
Elle est donc partie au Liban, pour étudier la musique arabe. De retour au Québec, Mme Makdissi-Warren n’a pas trouvé d’ensemble qui correspondait à ce qu’elle voulait faire. « Donc j’ai décidé de fonder ma propre compagnie », dit-elle.
Après une première expérience (l’ensemble Zeugma), Mme Makdissi-Warren rassemble huit musiciens de talent et fonde OktoEcho en 2006. Si « Okto » réfère à ces huit premiers musiciens, le nom du groupe signifie aussi, en musique, le huitième mode de la musique byzantine.
L’album Éponyme du groupe paraît en 2009. Mais parallèlement à l’ensemble de base, Mme Makdissi-Warren lance plusieurs autres projets autour d’un noyau fort de quatre musiciens.
C’est ainsi que paraît, en 2010, l’album La 5e route bleue, projet intégrant des influences de musique contemporaine, de jazz et de musique classique moyen-orientale.
Et l’improvisation, aussi. Car Mme Makdissi-Warren ne répugne jamais à laisser un peu de corde à ses musiciens. « J’aime laisser une liberté aux musiciens, contrairement à ce qui se fait, par exemple, à l’Orchestre symphonique, note-t-elle. Tout est dans la manière de s’approprier les lignes. »
À tout cela s’ajoute un important apport visuel. Ainsi, le concepteur vidéo Mario Villeneuve travaille avec le groupe depuis longtemps, pour ce qui est des pochettes de disque, de la « couleur » d’OktoEcho.
L’artiste Jeik Dion, vieille connaissance de Mme Makdissi-Warren, s’est également joint tout récemment à l’ensemble. On aura d’ailleurs l’occasion, le 24 septembre, de voir en première le vidéoclip qu’il a produit pour ce spectacle. Il accompagnera ensuite les autres pièces de speed painting projeté sur grand écran, ajoutant ainsi une riche dimension visuelle au concert.
« Je veux partager un monde, souligne pour conclure Mme Makdissi-Warren. Un voyage un peu ici, un peu là-bas, un peu partout. Malheureusement, avec les violons et tout, on a l’air un peu classique. C’est classique, mais c’est très accessible! Ça peut être le fun de voir une formation qui a l’air classique, mais qui n’est pas dans le protocole. »
Et le voyage n’arrête pas là pour OktoEcho, lui qui, dès février, présentera un nouveau projet, avec, cette fois-ci, des musiciens et danseurs Ojibwa.
À la MCC, le 24 septembre à 20 h. On peut se procurer des billets, dès maintenant et gratuitement, à l’accueil de la MCC. Par ailleurs, il y aura tirage de 15 cartes Accès libre lors de la représentation. La carte Accès libre est un laissez-passer double pour tous les spectacles de la saison. Les personnes possédant cette carte n'auront pas l'obligation de venir chercher leurs laissez-passer à la MCC.

