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Les jeunes veulent du changement

Les jeunes veulent du changement

Les jeunes veulent du changement

Marie-Josée Chouinard
Publié le 22 Septembre 2008
Publié le 19 Mars 2010
Marie-Josée Chouinard

L’espoir renaît après le décès de Fredy Villanueva

Le décès de Fredy Villanueva lors d’une intervention policière le 9 août dernier a laissé des cicatrices profondes chez les jeunes de Montréal-Nord. Ils veulent maintenant se servir de cet événement comme point tournant pour provoquer des changements. C’est ce qu’ont fait valoir quatre jeunes, âgés de 19 à 31 ans, qui ont convoqué une conférence de presse pour présenter leur point de vue sur les événements ayant marqué le secteur ces dernières semaines.

Sujets :
Montréal-Nord , Dawson , Outremont

Dave Augustin, Vanessa Després, Sandra Jean et Jonathan Duguay fréquentent tous le Café-Jeunesse multiculturel. Ils connaissaient aussi Fredy Villanueva. Ils ont décidé de parler au nom des jeunes de l’arrondissement. Ils soutiennent être représentatifs de la jeunesse nord-montréalaise. « Nous sommes quatre, mais dans le fond, nous sommes beaucoup plus nombreux. Nous représentons tout le monde », a clamé l’un d’eux.

D’abord, ces jeunes souhaitent que les médias cessent de parler de Montréal-Nord comme d'un ghetto où il n’y a que des gangs de rue. « À force d'en parler, tout le monde pense que tout le monde ici fait partie d’un gang de rue », commente l’un des garçons.

Ensuite, ils veulent un retour à la normale dans les rues. Selon eux, la présence policière accrue dans le secteur ne fait que maintenir la tension à un niveau élevé. Les quatre amis sentent que de trop nombreux policiers sont arrogants envers les jeunes des minorités visibles. « Ce n’est pas normal de toujours se faire interpeller. Ici, tu peux avoir un "ticket" pour avoir traversé la rue au mauvais endroit ou pour avoir dit " ta..." », ajoute le jeune homme. « On a besoin des policiers et ils font un bon boulot. C’est normal de se faire arrêter si l’on fait une infraction, mais les coups et l'arrogance n’ont pas leur place », soutient Dave Augustin.

Par ailleurs, selon eux, les jeunes auraient eu besoin de soutien psychologique à la suite des événements, pas d'une surveillance accrue. « Après la tuerie à Dawson, il y a eu plein de soutien. Ici, rien. Pourtant, ce qui est arrivé est très grave », se plaint un jeune.

Un vent d’espoir

Malgré tout cela, les jeunes estiment qu’un vent d’espoir plane sur Montréal-Nord depuis un certain temps. « Tout le monde se parle depuis le décès de Fredy. C’est positif. Depuis ce jour-là, les gens se sont réveillés », maintient Jonathan Duguay.

Selon les quatre comparses, il est urgent de procéder à des changements. Par contre, contrairement à l’organisation Montréal-Nord Républik, qui croit que le changement doit commencer par un nouveau maire, les jeunes, eux, pensent plutôt à des programmes et à des infrastructures. « On peut bien exiger le retrait du maire, mais qui on va mettre là ? Ce qu’on veut, c’est du changement et des solutions », proclament-il en demandant tout de même au maire Marcel Parent de se montrer plus présent dans le nord-est de l’arrondissement.

En conférence de presse, les jeunes ont souhaité des programmes de création d’emplois et des infrastructures pour des loisirs. Selon eux, les jeunes de ce secteur, qui, pour la plupart, seraient sous-scolarisés, ont besoin d’avoir accès à des formations professionnelles.

Ils croient aussi fermement que les jeunes ont besoin de loisirs. « Oui, on a de beaux bâtiments, mais ils sont vides », lance un des jeunes en disant même ne pas s’y sentir le bienvenu. « On ne pense pas que les jeunes à Outremont se demandent comme nous: " Où est notre place? ". Pourtant, nous sommes tous dans la même ville », mentionne Dave Augustin.

Ils estiment que les organismes communautaires ont leur bout de chemin à faire en ce sens. Ils laissent entendre que de nombreux organismes ne sont pas véritablement à l’écoute des jeunes et ne leur offrent aucun soutien tangible. Selon eux, l’heure n’est plus à la prévention, ni à la sensibilisation, mais bien à l’action. « C’est fini les paroles. On a besoin de l’appui des organismes », proclame un jeune. « On est unanime. On adore tous notre quartier, mais il y a des jours où on est amer », laisse tomber Vanessa Després. « Aidez-nous à nous aider », lance Sandra Jean pour appuyer sa copine. #

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