Placée sous l’égide du Conseil des leaders religieux de Montréal-Nord, la vigile se voulait un moment de réflexion et de méditation, mais aussi un appel à la réconciliation et à la transformation des mentalités.
C’était aussi une manière de dénoncer par des mots et des actions paisibles « les causes et les conséquences de la violence sous toutes ses formes ».
Une chorale et la jeune chanteuse Virginie ont entonné des airs appelant à la paix. Le pasteur Joseph Saintelme Valcin, le curé Richard Depairon et Lamine Foura, délégué de l’iman musulman, ont tour à tour pris la parole, rappelant que la violence et la vengeance attirent et attisent la violence, tandis que le pardon, l’introspection et le dialogue favorisent l’émergence de solutions et constituent un moteur de changements sociaux et humains. « La violence ne règle rien. Il faut choisir l’intelligence plutôt que la violence (…). Sans le pardon mutuel, il n’y a pas de paix », ont dit ces hommes de Dieu.
M. Foura a souligné qu’en plus de la violence physique, il y a aussi la violence de la pauvreté nées de l’injustice sociale, politique et économique. Le pasteur Saintelme Valcin a appelé à « une grande rénovation spirituelle pour les jeunes et les familles éprouvés par la violence ».
Le curé Richard Depairon reconnaît que « le fossé est grand. On ne sait pas quoi faire pour changer la situation mais se faire confiance est un premier pas ».
La manifestation réclamant la fin du profilage racial et des injustices sociales et économiques organisée dans la foulée de « Hoodstock ’09 », s’est déroulée dans le calme comme le souhaitaient ses organisateurs. Toutefois, les propos des orateurs se voulaient dénonciateurs et revendicateurs.
Le cortège était formé d’une foule hétéroclite regroupant simples citoyens, jeunes artistes de la rue, militants des droits de la personne et activistes de gauche. Parti autour de 18 h du parc Aimé-Léonard, le défilé a conclu son trajet plus d’une heure plus tard au pied de l’arbre, en bordure du parc Henri-Bourassa servant de mémorial informel au jeune défunt. Parmi les slogans lancés, on pouvait entendre: « Policiers, en prison ! » et « Qu’est-ce qu’on veut ? La Justice! »
Plusieurs tribuns ont dénoncé la relative inaction dont auraient fait preuve, par le passé, les décideurs publics face aux conditions socio-économiques difficiles (en dessous de la moyenne québécoise) auxquelles faisaient face plusieurs de leurs concitoyens. Certains ont souligné qu’à la suite des émeutes de l’été dernier, la présence policière s’est accrue dans le secteur et que les contrôles de routine, que d’aucuns associent au profilage racial, se sont multipliés.
Pour sa part, c’est d’une voix sanglotante que Liliane Villanueva a remercié les gens qui étaient venus l’appuyer en ce moment de deuil et, avec elle, demander justice.
Will Prosper, de Montréal-Nord Républik, a reconnu que la police de Montréal est généralement « une bonne police », mais que la population a droit à une « excellente police »... « Il est temps que les services policiers reconnaissent qu’ils font parfois des erreurs. Il faut aussi que la police arrête de faire enquête sur la police. Il faut plus de transparence », a déclaré le jeune leader d’opinion. Celui-ci propose, entre autres mesures, que soit mis sur pied un genre de haut tribunal qui enquêterait systématiquement dans les cas de brutalité et de bavures policières.
Les organisateurs de « Hoodstock’ 09 » sont satisfaits du déroulement de la fin de semaine et espèrent que l’écho des ateliers thématiques sera entendu par le monde politique, tant local que national.


