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Montréal-Nord se paie une thérapie sociale @Visite cette semaine de Charles Rojzman, expert de renommée mondiale

Montréal-Nord se paie une thérapie sociale
@Visite cette semaine de Charles Rojzman, expert de renommée mondiale

Montréal-Nord se paie une thérapie sociale @Visite cette semaine de Charles Rojzman, expert de renommée mondiale

Guillaume Picard
Publié le 25 Novembre 2008
Publié le 19 Mars 2010
Guillaume Picard

Montréal-Nord se lance dans une thérapie sociale, sorte de réflexion et d’effort collectif, pour endiguer petits et grands problèmes d’un arrondissement surtout connu pour ses gangs de rue.

Sujets :
Comité consultatif de Montréal-Nord , Guide de Montréal-Nord , Institut Charles Rojzman , Montréal-Nord , Tchétchénie , Paris

Dans la métropole, il s’agit d’une démarche unique, voire audacieuse, quelques mois à peine après la mort tragique du jeune Fredy Villanueva, laquelle avait provoqué un soulèvement encore bien présent dans les esprits. Cette initiative, insiste-t-on, avait été imaginée quelques mois avant ces événements ayant abondamment défrayé les manchettes.

Le Comité consultatif de Montréal-Nord jeunesse et gangs de rue a invité le sociothérapeute français Charles Rojzman, expert en thérapie sociale de renommée mondiale, pour mettre la table et engager cette réflexion à travers laquelle intervenants, décideurs et résidents pourront « résoudre, ensemble, les problèmes dont tout le monde souffre, ceci en créant une intelligence collective dont toute la société sera la bénéficiaire », dit-il en entrevue avec le Guide de Montréal-Nord.

Le titre du projet, « Gangs de rue et insertion des jeunes marginalisés dans sa communauté: l’affaire de tous », évoque d’ailleurs cette volonté de maillage des forces vives au profit du mieux-être collectif.

Mieux vaut prévenir…

Selon M. Rojzman, qui est intervenu dans des régions autrement plus explosives, notamment la Tchétchénie, Israël-Palestine et les banlieues parisiennes, dans le cas de Montréal-Nord, il s’agit plutôt d’aller au-devant des complications.

« Ici, la situation est moins grave que dans les banlieues de Paris. À Montréal-Nord, bien que je n’aie pas fait d’étude exhaustive, il faut prévenir avant d’en arriver à une situation comme celle qui prévaut en France. Il faut savoir que la police ne peut plus aller dans certaines zones où la violence n’est plus contenue chez nous, et ce, même si les médias n’en parlent pas. Je trouve qu’à Montréal-Nord, le moment est favorable, surtout que les émeutes ont favorisé une prise de conscience. Les jeunes, on peut encore leur parler, alors nous avons les conditions favorables pour mettre en commun des solutions. »

Long cheminement

Mais, pour ce faire, il faudra mettre de côté peurs et préjugés et travailler de concert, dans des groupes dont la composition reste à déterminer, croit Charles Rojzman.

« C’est un long cheminement qu’on entreprend aujourd’hui. Cela va prendre un an, après plusieurs rencontres régulières, pour que les gens apprennent à se connaître et laissent tomber les masques », explique-t-il.

Sociothérapeute, M. Rojzman a fondé l’Institut Charles Rojzman à la fin des années 1990 pour faire la promotion de la thérapie sociale, « une approche thérapeutique au sens où l’on guérit des systèmes malades, mais aussi où on guérit la coopération, la façon dont on travaille tous ensemble », relate-t-il. « Dans le cadre de la thérapie sociale, les gens apprennent à travailler avec la culture du conflit constructif. Mon approche permet la confrontation des différents points de vue et des désaccords. Par contre, en mettant en commun les expertises et expériences de tout le monde, chacun doit prendre ses responsabilités. Mon rôle à moi, ce n’est pas de déterminer les problèmes les plus criants. Ce sont les gens qui connaissent leur milieu. Mon travail, c’est plutôt de soutenir les participants en leur évitant de tomber dans le syndrome du “c’est pas moi, c’est l’autre”, et de parler vrai, d’apprendre à travailler ensemble. »

Pour Slim Hammami, du Café jeunesse multiethnique, dont l’organisme veillera à l’application du projet, « à Montréal-Nord, nous avons l’occasion d’intervenir avant qu’il n’y ait rupture » entre les autorités et une frange plus démunie de la société. « Il y a un petit fil qu’il faut rattacher, dit-il. Il n’est pas trop tard pour agir. »

Est-ce que Montréal-Nord se fait un cadeau avec cette thérapie sociale ? La porte-parole de l’administration Parent, Élisabeth Liston, croit que le mot cadeau n’est pas approprié, parce qu’il dénote une certaine désinvolture. « Si on veut des solutions durables, il faut que les initiatives proviennent du milieu et s’éloignent du cadre traditionnel de la répression. Pour nous, c’est de la bonne gestion », dit-elle, précisant que le projet dispose d'une enveloppe de 70 000 $ pour sa première année.

Pour en savoir plus sur la thérapie sociale, vous pouvez visiter le site Internet de l’Institut Charles Rojzman à l’adresse http://www.therapie-sociale.com.

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