C'est sans compter l'arrivée d'un quatrième joueur dans l'industrie, soit Vidéotron, lequel veut aussi se tailler une part du lion du secteur des télécommunications qui, en 2008, au Canada, générait des revenus de 54,3 G$. Devant la prolifération des demandes pour l'installation d'antennes et de tours de télécommunication dans l'arrondissement, l'administration du maire Gilles Deguire a remis au goût du jour le règlement de zonage 1562-103, amendé pour la dernière fois à la fin des années 1980. Il a fait l'objet d'une consultation publique, le 9 février, histoire de donner la parole aux citoyens.
Distance de 50 mètresLe responsable de l'urbanisme, Nicola Cardone, a expliqué que toute nouvelle antenne sera dorénavant confinée à deux zones industrielles (dans le sud et dans l'est, soit le long de la voie ferrée), ainsi qu'à sept clochers d'église répartis aux quatre coins de Montréal-Nord.
De plus, une distance de 50 mètres sera maintenant imposée entre les résidences et les nouvelles antennes et tours de télécommunications. En ce moment, le règlement permet leur installation sur l'ensemble du territoire, sans contrainte relative à la distance. Soulignons que les antennes existantes disposent d'un droit acquis et ne sont pas assujetties aux amendements proposés.
Pourquoi pas seulement les zones industrielles ?François Therrien, du Collectif S.E.M.O, une coalition militant contre les antennes cellulaires et les micro-ondes, avait été invité par des citoyens de Montréal-Nord.
Selon lui, l'arrondissement aurait pu restreindre l'implantation des tours de télécommunications seulement aux zones industrielles et laisser tomber les clochers d'église, plusieurs étant situés à proximité de résidences et même de garderies.
« Il faut vivre avec les antennes. Votre règlement est un premier pas, mais je retiens que la distance de 50 mètres n'est pas suffisante. Ailleurs dans le monde, la norme est de 100 mètres. La vraie problématique, c'est l'exposition des gens et le danger relié à la quantité de micro-ondes qu'on reçoit. On parle d'un syndrome d'électrosensibilité pouvant causer des problèmes d'insomnie ou de la mémoire. Si vous voulez protéger vos citoyens, notamment les enfants et les personnes âgées, il faut tenir compte du niveau d'exposition auxquels ils sont soumis », a-t-il dit en s'adressant à M. Deguire et à son équipe.
M. Therrien a même suggéré aux élus d'acheter un appareil permettant de mesurer les micro-ondes. En mettant en fonction l'appareil qu'il avait en sa possession, tout le monde a pu constater le foisonnement de micro-ondes dans la salle du conseil.
Deux citoyens vivant à proximité de l'église Saint-Vital, où une entreprise vient d'installer une antenne (apparemment sans trop se soucier de l'esthétisme, ont-ils dénoncé), ont demandé à l'arrondissement de leur fournir une carte des antennes réparties actuellement sur le territoire. Le Guide de Montréal-Nord a fait de même et n'avait toujours pas ces informations au moment d'écrire ces lignes, lundi après-midi. Toutefois, selon Marie-Pier Boutin, chargée de communication, cette liste n'existe pas et on doit la constituer prochainement.
Les prochaines étapes toucheront à l'adoption du second projet de règlement lors du conseil d'arrondissement du mois de mars, puis la publication d'un avis dans le Guide de Montréal-Nord, en vue de l'entrée en vigueur et de la mise en application du règlement d'ici deux mois environ.


