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Un brin d’exotisme à Marie-Victorin

En avant-plan : Hajar Mahsoussi et Romane Bricard; et arrière-plan : Kevin Delaurent, Jean-Pierre Miron et Pierre Alloh.  (Photo : Patrick Deschamps)

En avant-plan : Hajar Mahsoussi et Romane Bricard; et arrière-plan : Kevin Delaurent, Jean-Pierre Miron et Pierre Alloh. (Photo : Patrick Deschamps)

Samuel Leduc-Frenette
Publié le 2 Novembre 2011
Publié le 2 Novembre 2011
Samuel Leduc-Frenette  RSS Feed

Le cégep accueille bon an mal an une trentaine d’étudiants étrangers

Le 5 octobre dernier, la Conférence des élus de Montréal organisait la Fête des étudiants internationaux. Cet événement rappelle que si les universités montréalaises bénéficient d’importantes cohortes d’étudiants étrangers, les cégeps de la métropole les comptent pratiquement sur le bout de leurs doigts. L’Informateur en a rencontré quelques-uns au cégep Marie-Victorin.

Sujets :
Étudiants étrangers , France , Polynésie française , Québec

« J’ai toujours voulu voyager au Canada », affirme d’entrée de jeu Kevin Delaurent, 24 ans, récemment démarqué de Polynésie française pour étudier le graphisme. Ses collègues et lui—la technique en graphisme est populaire au sein des étudiants étrangers—partagent à peu près tous le même avis à propos de leur nouveau programme d’étude : plus technique, le graphisme au Québec est aussi plus accessible et plus reconnu qu’en France.

« Dès la première année, on commence directement en technique », dit Pierre Alloh, 27 ans. Ce dernier a passé une année dans un programme similaire à Pau, dans le sud de la France. Ce programme lui apparaissait peut-être trop abstrait, surtout la première année, alors que les étudiants n’abordent pas le côté technique de cette forme d’art visuel.

Amoureux de Paris, Montréal lui offre aussi davantage de possibilités que Pau. « Le dynamisme de la ville aussi est une source d’inspiration », laisse-t-il tomber.

De l’avis de M. Delaurent, la Polynésie française n’offre rien de comparable. « À Tahiti, il n’y a tout simplement pas d’école de graphisme, mentionne-t-il. On en fait un peu, mais ce n’est pas du graphisme en tant que tel. » En France, où il aurait pu tenter sa chance, M. Delaurent a dû se résigner en voyant les coûts élevés exigés pour entrer dans certaines écoles spécialisées.

Ces étudiants ont traversé l’Atlantique autant pour la qualité du programme auquel ils se sont inscrits que pour le modèle d’éducation caractéristique au Québec.

« Au Maroc, quand on arrive au lycée, les trois dernières années sont plus difficiles, estime Hajar Mahsoussi, 17 ans. Il n’y a pas de contact entre les élèves et les professeurs. […] Ici, quand on a un problème avec la matière, on discute avec le professeur et il essaie de nous aider. »

« C’est plus stimulant, il y a plus de moyens », ajoute de son côté Romane Bricard, une Française de 19 ans. Cette dernière trouve que les relations entre les professeurs et les étudiants sont meilleures qu’en France. Les enseignants québécois lui paraissent plus passionnés par leur matière que ceux des lycées français.

« Si tu n’es pas capable de supporter ce fonctionnement-là, tu craques, indique Stanley Lilon, 21 ans, en parlant du système d’éducation français. Ici, les professeurs ne veulent vraiment pas qu’on échoue un programme qu’on a choisi. »

Si ces étudiants n’ont que de bons mots pour le programme d’étude qu’ils ont choisi, ils sont conscients que beaucoup de travail les attend pour s’adapter pleinement à leur société d’accueil. Mais le plus difficile demeure souvent de passer au travers de toute la paperasse administrative nécessaire pour obtenir un visa de séjour.

On nous menace constamment de rejeter notre dossier s’il manque un papier, s’objecte M. Lilon. Les étudiants doivent aussi prouver qu’ils ont les reins assez solides pour pouvoir subvenir à leurs besoins pendant toutes ces années.

Mais la plupart demeurent convaincus que leur séjour vaut toutes ces démarches. Veulent-ils rester? Quelques-uns assurent que oui. « J’aimerais bien travailler ici, signale M. Alloh. Du moins, pendant un certain temps. »

Le cégep s’internationalise

Les 48 cégeps membres de la Fédération adhèrent tous à Cégep international, un organisme fondé en 1992 qui vise à favoriser les échanges entre les étudiants québécois et étrangers.

En 2010, 33 des 39 cégeps ayant répondu à une enquête menée par l’organisme ont affirmé employer au moins une personne au recrutement des étudiants étrangers.

Il s’agit de l’une des tâches de Jean-Pierre Miron, directeur au Bureau de développement international au cégep Marie-Victorin. Selon lui, environ une trentaine d’étudiants étrangers s’inscrivent chaque année à son établissement.

Même si ce chiffre peut paraître faible par rapport aux presque 4000 étudiants inscrits cette année, M. Miron croit que ce n’est pas une priorité pour Marie-Victorin, qui ne doit pas compenser une pénurie de cégépiens comme il peut y en avoir à l’extérieur des centres urbains.

Pour l’année scolaire 2011-2012, la très forte majorité des étudiants étrangers à Marie-Victorin sont Français (23). Pour le reste, le Maroc, le Cameroun, la Colombie, La Réunion, la Martinique, le Rwanda, Haïti et la Guadeloupe ont chacun un représentant.

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