Étude sur les syndiqués du CSSS d’Ahuntsic et Montréal-Nord

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Pascal LeBlanc
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40% souffriraient de détresse psychologique élevée

Les résultats d’une enquête menée auprès des syndiqués du Centre de santé et de services sociaux d’Ahuntsic et Montréal-Nord (CSSSAM-N) ont été dévoilés lors d’une conférence de presse, le 23 mars. La situation semble peu reluisante puisque l’étude révèle que 40% des salariés de l'établissement présentent des symptômes de détresse psychologique élevée.

Étude sur les syndiqués du CSSS d’Ahuntsic et Montréal-Nord

À l’automne 2008, Angelo Soares, professeur à l’Université du Québec à Montréal, a distribué 1240 questionnaires aux membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en poste au CSSSAM-N. Près de 38% ont répondu.

Plusieurs variables organisationnelles ont été considérées et parmi celles dont les résultats sont les plus révélateurs, notons que 40% ont souligné une surcharge de travail, 65% éprouvent un sentiment d’injustice au travail, 60% ont un sentiment d’avoir une mauvaise communication avec leur employeur et plus de la moitié mentionnent qu’il y a incohérence entre leurs valeurs et celles de l’organisation. «Environ le tiers des participants ont également ajouté des commentaires relatant des problèmes de gestion, des changements administratifs trop fréquents et autres, a ajouté M. Soares. Plusieurs se sont dits aussi victimes de harcèlement psychologique.»

Les conclusions de l’enquête dénombrent plusieurs éléments, mais selon le professeur, il faut s’attaquer à la source du problème. «La culture organisationnelle et l’organisation du travail sont à repenser. Il ne faut pas être victime de la mode managériale. C’est impossible de transposer un modèle industriel [NDLR: le toyotisme] sur un établissement qui offre des services. La démocratie doit régner dans le système de santé», indique M. Soares.

Témoignages des syndicats

Marjolaine Goudreau, Robert Poisson et Viviane Salette qui représentent respectivement l’APTS, la FSSS-CSN et la FIQ ont ensuite livré des témoignages démontrant ce qu’ils vivent au quotidien.

«Depuis le départ de sept psychiatres de l’hôpital Fleury, il y a deux ans, nous ne savons toujours pas de quelle façon nous devons répondre aux clients. Si on demande aux gestionnaires, ils nous disent de nous taire, même durant les réunions d’équipe», affirme Mme Goudreau. «Un CLSC, un hôpital ou un centre d’hébergement ce n’est vraiment pas la même chose, même s’ils sont fusionnés. L’employeur arrive avec une façon de faire qui n’est pas adaptée à la réalité et souvent il ne reste pas assez longtemps pour s’habituer», déplore M. Poisson.

Appui de Québec Solidaire

La présidente de Québec Solidaire, Françoise David, est venue témoigner son soutien envers les syndiqués du CSSSAM-N lors de la conférence de presse. Même si le professeur Soares a tenu à préciser que les résultats de l’enquête ne s’appliquaient uniquement qu’au CSSSAM-N, Mme David a mentionné que si une étude similaire était menée dans d’autres établissements de la province, on pourrait probablement tirer des conclusions similaires.

«Le salaire est important pour tous les travailleurs, mais les conditions de travail aussi. La situation actuelle est le résultat d’un choix politique où le privé à meilleur goût. Nous sommes devant un choix de société», a-t-elle conclu.

Organisations: FSSS-CSN, FIQ, Université du Québec à Montréal Alliance du personnel professionnel Fédération interprofessionnelle Marjolaine Goudreau CLSC

Lieux géographiques: Montréal-Nord, Québec, Hôpital Fleury

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