Le président de la Société d'histoire et de généalogie de Montréal-Nord, Roger Lagacé, est fier d'avoir mené le projet de citation de la maison Brignon dit Lapierre jusqu'aux auditions tenues devant le Conseil du patrimoine de Montréal.
(Photo: Daniel Marchand)
Demande de citation pour la maison Brignon dit Lapierre
Depuis près de 15 ans, aucun site n'a été cité patrimoine historique dans la ville de Montréal. Mais, à la suite d'auditions tenues le 4 juin dernier concernant la citation de la maison Brignon dit Lapierre de Montréal-Nord, la situation pourrait bientôt changer.
Effectivement, le président fondateur de la Société d'histoire et de généalogie de Montréal-Nord (SHGMN), Roger Lagacé, a bon espoir que cette fois-ci, le cri d'urgence lancé en faveur de la conservation de cette maison plus que centenaire soit entendu. « Les auditions se sont très bien déroulées et je sens que jusqu'à maintenant, les chances sont bonnes. Disons que je demeure très optimiste envers ce dossier », mentionne-t-il.
Les démarches de conservation de la maison Brignon dit Lapierre, qui ont finalement mené aux auditions du début du mois, n'ont pas été de tout repos. Déjà, en 1990, certains avaient lancé l'idée sans jamais vraiment être entendus. « Michel Lapierre, un des descendants de la famille, avait demandé à plusieurs reprises que la maison soit citée patrimoine historique, mais les services municipaux n'ont jamais bougé. Pourtant, le projet comporte beaucoup d'avantages pour Montréal-Nord », souligne M. Lagacé.
En plus d'être un ajout important dans le domaine immobilier, la citation de cet établissement permettrait, selon lui, de pallier au manque d'établissements culturels dans le secteur. « À part le nouveau centre culturel et communautaire, les résidents n'ont pas de lieu pour exprimer leur créativité. La rénovation de la maison Brignon dit Lapierre pourrait devenir ce lieu de rassemblement. D'ailleurs, lors du sommet tenu par le monde politique municipal et réunissant l'ensemble des groupes communautaires, ces derniers étaient unanimes à réclamer l'ajout de bâtiments à vocation culturelle. »
Le mémoire préparé par la SHGMN en fait d'ailleurs état: du point de vue de la symbolique, la maison et son site bénéficient d'un attachement de la population. (…) Même si la maison est restée fermée depuis, des événements culturels locaux se sont déroulés sur son site. « Il y a dans la communauté une volonté de garder ce site vivant et fréquenté. En 2004 et 2005, le programme Kitchsippi y a tenu ses événements culturels tout au long de l'été », ajoute le président de la SHGMN.
Une question de volonté
Selon la directrice du Conseil du patrimoine de Montréal qui a entendu les demandes faites par la SHGMN, Louise Dusseault-Letocha, si le dossier de la maison Brignon dit Lapierre connait un dénouement heureux, c'est qu'il y aura eu de la part de tous les partis impliqués une grande volonté de s'impliquer.
« D'ici le mois de septembre, nous connaîtrons le verdict final, mais pour l'instant, je ne peux pas prévoir comment les élus recevront nos recommandations. Par contre, si chacun fait sa part, la maison pourrait bien être citée patrimoine historique », avoue-t-elle.
(Photo: Daniel Marchand)