Richard Collins peint avec une minutie qui lui demande de longues heures de patience. - (Photo: Patrick Deschamps)
Richard Collins sur les chemins de l'art
Troquer la bouteille pour le pinceau, c'est un peu ce qu'a fait le peintre autodidacte Richard Collins, il y a une quinzaine d'années. Après avoir retrouvé sa sobriété, M. Collins a décidé de retrouver ses premiers amours, le dessin. Il a donc sorti ses crayons et ses pinceaux et s'est laissé aller à sa passion. Après des années de travail acharné sur ses toiles, Richard Collins a finalement décidé de présenter le fruit de son labeur au public.
La toute première exposition du peintre a été présentée à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord, du 16 août au 13 septembre. « C'était approprié parce que la Maison culturelle vient d'ouvrir à Montréal-Nord et, moi aussi, je viens d'arriver dans le quartier », mentionne celui qui a élu domicile dans l'arrondissement il y a tout juste un an.
Maintenant, il souhaite récidiver et présenter encore ses toiles. Il faut dire qu'il y met de longues heures et apprend à aiguiser sa patience. Sa première toile lui a demandé neuf mois de travail, soit 900 heures de patience. Observer l'une de ses toiles, c'est trouver une multitude de détails. Chacune de ses toiles est un amalgame de lignes, de formes et de couleurs qui sort de son imaginaire. Il utilise les formes et y glisse une série de petites lignes. Les détails sont infinis.
Maintenant qu'il a renoué avec sa passion, M. Collins s'adonne à son art dès qu'il le peut. Il compte une trentaine de toiles aux multiples détails et quelque 600 dessins à l'encre ou à la mine. Il privilégie l'huile, même s'il avoue que ce n'est pas le médium le plus facile. « J'utilise l'huile pour la pérennité de l'oeuvre. C'est plus facile à conserver et je veux que mes toiles traversent le temps, explique le peintre. Mes oeuvres sont contemporaines et j'espère qu'elles seront aussi actuelles dans 300 ans. »
Dans ses créations abstraites, Richard Collins n'impose aucune idée. « Quand elle est sur le mur, ma toile ne m'appartient plus. Elle appartient à celui qui la voit et qui va l'interpréter selon sa vie et sa culture. Je laisse mon imagination rencontrer celle des autres », fait valoir le Nord-Montréalais.
Les chemins menant à la reconnaissance de l'artiste sont toutefois sinueux et laborieux. « L'art visuel et la danse sont les parents pauvres des arts. Il y a tellement de potentiel ici, qu'on pourrait être un des pays les plus productifs. Mais, il faut toujours se battre. Tout le monde en parle, mais on parle toujours des mêmes », déplore M. Collins.