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Un arbre qui fait jaser

Audrey Gagnon par Audrey Gagnon
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Article mis en ligne le 5 novembre 2007 à 16:27
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Un arbre qui fait jaser
Soixante citoyens de la rue Léopold-Pouliot veulent sauver cet érable argenté qui est menacé d'abattage. Il semble toutefois que leur combat soit perdu d'avance. (Photo: Patrick Deschamps)
Un arbre qui fait jaser
Des citoyens de Montréal-Nord ne parlent que d'une chose en ce moment: un arbre sur la rue Léopold-Pouliot dont la survie est menacée. Une soixantaine de résidents de la rue se sont mobilisés pour tenter de le sauver d'une coupe imminente. Mais il semble que ce soit peine perdue: l'arbre est situé au seul endroit où l'arrondissement autorise le propriétaire à construire son entrée charretière.
L'arbre en question, un érable argenté, se trouve devant le duplex localisé au 5313, rue Léopold-Pouliot. Le nouveau propriétaire du bâtiment souhaite le rénover; il a donc fait une demande de permis à l'arrondissement de Montréal-Nord. Or, avant de lui délivrer le permis, ce dernier exige que le propriétaire se conforme au règlement de zonage et au plan d'urbanisme de la Ville de Montréal, lesquels interdisent toute entrée charretière en façade de la maison. « Cette réglementation a pour but de favoriser un aménagement paysager en avant de la maison afin de déminéraliser le sol, ajouter de la verdure et minimiser l'espace accordé à l'automobile en façade », a expliqué la chargée de communications à l'arrondissement de Montréal-Nord, Élisabeth Liston.

Pour se plier au règlement municipal, le nouveau propriétaire se voit obligé de déplacer son entrée charretière de deux pieds sur le côté, soit exactement à l'endroit où se trouve l'arbre. En vertu de la Politique de l'arbre de Montréal – celle-ci stipule que « l'abattage d'un arbre public doit se limiter à des raisons justifiables: mort, maladie, dépérissement, danger, obstacle incontournable à un projet [ou] espèces indésirables dans les boisés urbains […] » – , Mme Liston explique que « la demande d'abattage, comme toute demande d'abattage d'ailleurs, a fait l'objet d'une discussion au comité d'embellissement urbain.

Elle ajoute que « le directeur de l'arrondissement, le directeur des travaux publics, le responsable de l'horticulture et les inspecteurs se sont déplacés pour étudier d'autres alternatives, mais il n'y en a pas. »

L'arrondissement en est donc venu à la conclusion qu'il procédera à l'abattage de l'arbre, en raison de son positionnement, de l'essence en question et de la demande qui a été faite au propriétaire de se conformer à la réglementation municipale.

« On a pris l'engagement de planter un nouvel arbre et on fera en sorte que celui-ci soit le plus haut et le plus beau possible », assure la responsable des communications, précisant que l'arbre ne sera pas coupé « tant que le propriétaire ne sera pas prêt à entamer ses travaux ».
Combat
Malgré tout, les résidents de la rue Léopold-Pouliot semblent bien décidés à sauver l'arbre. « On ne veut pas qu'il soit coupé. Les arbres, c'est ce qui fait la beauté de la rue », affirme Paul Hubert. Ce dernier dit craindre un effet d'entraînement. « Notre quartier serait l'un des plus boisés de Montréal-Nord. Va-t-on en faire un désert dans l'avenir? », s'interroge-t-il.

« Si l'arbre est malade, je n'ai pas de problème à ce qu'on le coupe, mais là, il n'est pas malade. C'est aberrant comme situation », poursuit-il. Ce citoyen n'a pas l'intention d'en rester là. « C'est ridicule, il faut réfléchir. Je lance un cri du cœur à la population pour qu'elle se mobilise et protège ses arbres », conclut-il.

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