Ma douce moitié
Reviens-nous, ma douce, reviens-nous!
Ça fait bien bientôt deux ans que tu es partie en voyage, un voyage loin, loin, loin!
Ça fait exactement vingt-cinq ans que tu nous combles de bonheur…de bonheur absolu, intense, intact!
Nous (tes deux belles créations et moi), essayons de ramasser les morceaux, de les remodeler, de les recoller… Mais rien n’y fait! Tout s’envolera en mille éclats chaque fois que ton absence nous revient au galop, le crépuscule apparu.
Toi, qui a les mains de fée, capable de réparer tous les pots cassés. Reviens nous recoller nos morceaux éclatés. Reviens-nous, ma douce! Reviens-nous! S'il-te-plaît.
Moi, la nuit venue, vois-tu, mon bras droit s’étend vers un oreiller vide, un espace vide. Reviens-moi ma douce, mon muguet, mon filet mignon! Reviens-moi!
Sans toi, je ne serai qu’un corps sans âme. Reviens-moi, ma douce, reviens-moi!
Moi, en attendant ton retour, j’essaie et j’essaierai de survivre à nos souvenirs des premiers jours!
Dès le premier destin qui relie nos deux vies diamétralement opposées: Moi, qui viens d’un pays inondé de soleil, toi, celui submergé par la neige; ma langue est écrite avec des caractères, la tienne se dessine avec un alphabet.
Et pourtant, on est là, ensemble, comme Adam et Ève, sondés par plusieurs karmas!
Te souviens-tu, ma douce, du premier déclic qui enclencha le déluge de notre océan d’amour?
Te souviens-tu du coup de revers de badminton qui a fait chavirer ta pirogue à l’Université de Montréal?
Te souviens-tu, ma douce, d’une simple invitation, après le sport, pour une soupe tonkinoise? – qui finit par un festin d’ailerons de requins; et que le lendemain, j’engloutis une entrecôte Angus de quatorze onces!!!
Toi qui rigolait : « Mon dieu! Mon homme qui mange un steak au petit-déjeuner, que prendra-t-il pour dîner et souper?
Te souviens-tu, ma douce? Te souviens-tu?
Moi qui ne prenait jamais tes trois tours de taille, mais qui, finalement, partait en connaissance d’un bûcheron et un fin tailleur de mode.
Ton premier tour, ce sera une brassée de mes mains lovées sur ton corps tout tremblant de frictions.
Ton deuxième tour, ce sera une fricassée de mes doigts qui te titille et te fait glousser de plaisir.
Et ton dernière tour, ce sera un soufflé de mon nez qui plaque contre la source de ta vie qui scintille comme un ruisseau ruisselant!
Te souviens-tu, ma douce? Te souviens-tu?
Est-ce possible, ma douleur-douceur, que tout cela ne soit que souvenirs et mémoires? Est-ce possible?
Reviens-nous, ma douce! Reviens-nous!
Sans toi, nous errons dans le désert!
Sans toi, notre quotidien est en apesanteur comme dans une navette spatiale!
Sans toi, le foie gras est fade comme le tofu nature!
Reviens-nous, ma douce! Reviens-nous.
Ensemble, nous remontons le contre-courant, comme les saumons, pour donner à nouveau la vie.
Reviens-nous, ma douce, mon muguet, mon filet mignon! Reviens-nous, s'il-te-plaît.
Ta moitié et cie!