Marcel Parent défend les initiatives de son administration. - (Photo: Éric Carrière)
Marcel Parent fait le point sur la situation
Le maire de l'arrondissement, Marcel Parent, a été touché par les événements qui ont ébranlé Montréal-Nord. Les émeutes qui ont suivi le décès de Fredy Villanueva lors d'une intervention policière ont ouvert une profonde cicatrice difficile à panser. Il a tenu à faire le point sur la situation.
M. Parent avoue d'emblée qu'il regrette que ces événements soient venus encore une fois ternir la réputation du secteur. Il admet toutefois qu'il y a un point chaud dans l'arrondissement. Par contre, cela n'est pas représentatif du cœur de Montréal-Nord qui compte quelque 83 000 citoyens. « Les gens qui veulent acheter une maison à Montréal-Nord vont sûrement y penser deux fois après tout cela. Je veux leur dire que ce n'est pas ça, Montréal-Nord. Ce sont des familles, des gens qui travaillent et qui s'impliquent dans leur milieu. Nous avons environ 130 organismes bénévoles qui se dévouent dans le secteur », fait-il valoir.
M. Parent en est à sa septième année au poste de maire d'arrondissement, poste qu'il a occupé après avoir été député provincial de Sauvé pendant 14 ans. Il réside à Montréal-Nord depuis 40 ans. Il soutient donc bien connaître le secteur.
Selon lui, il est faux de prétendre que rien n'a été fait pour améliorer la qualité des gens qui résident dans le secteur moins favorisé de l'arrondissement. Il cite en exemple la maison culturelle et communautaire érigée sur le boulevard Rolland.
« Nous avons dessiné ce centre communautaire et culturel à partir de ce que les gens voulaient. Ce n'est pas que du béton. Il y a de la vie. Présentement dans la salle d'exposition, il y a un artiste originaire du Chili qui expose ses oeuvres. La bibliothèque de la maison culturelle est en deuxième place en matière de prêts sur l'île de Montréal. On y prête environ 600 000 documents par an », se défend-il.
Des parcs auraient aussi été réaménagés pour répondre davantage aux besoins de la communauté. « Les jeunes nous ont dit qu'ils ne voulaient pas de baseball, qu'ils préféraient le soccer. Nous avons enlevé un terrain de baseball pour en faire un de soccer », cite le maire, en ajoutant qu'on a éliminé des surfaces de tennis au profit d'un terrain de basketball. La planche à roulettes a également trouvé sa niche.
« Tout cela a été critiqué. On nous a dit qu'on investissait trop dans ce secteur. À ces gens, je réponds que justement, c'est là où il y a le plus de besoins. Nous avons une responsabilité morale envers ces gens », note-t-il.
« Quand j'ai été élu, mon objectif était d'améliorer la qualité de vie à Montréal-Nord et on va donner à cette portion de l'arrondissement la même qualité de vie au meilleur coût possible », clame-t-il avec conviction.
M. Parent admet toutefois que les besoins sont changeants et qu'ils ont bien évolué depuis le jour où il a été élu pour la première fois en 1984. « C'est un avertissement que nous avons eu », croit-il.
Ainsi, les organismes qui travaillaient déjà à analyser les besoins de la population, ont été mobilisés pour redoubler d'ardeur. L'organisme « Montréal-Nord en santé » s'apprête pour sa part à déposer le fruit d'un long labeur, une planification stratégique d'intervention pour les cinq prochaines années. Six chantiers viennent aussi d'être mis sur pied pour compléter le travail. Ces nouveaux chantiers touchent les dossiers scolaire, sécurité-prévention, emploi, jeunesse, aménagement et équipements collectifs ainsi que famille.
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