Les ciseaux de M. Delle Donne ont coupé les cheveux de nombreux Nord-Montréalais. - (Photo: Patrick Deschamps)
Confidences d'un barbier
Quand il est devenu barbier, il y a de cela 45 ans, Giacomo Delle Donne ne savait sûrement pas que son travail le conduirait au grand écran. En effet, les gens ont pu le reconnaître dans le dernier film de Claude Demers, Barbiers, une histoire d'hommes. Des barbiers d'expérience y livrent leur passion pour un métier en voie de disparition.
(Montréal-Nord) - Giacomo Delle Donne est arrivé au Québec, en 1949, à l'âge de 9 ans, de son petit coin d'Italie, Caserte, près de Naples. Il a choisi de devenir coiffeur simplement parce qu'il y voyait des possibilités d'emploi. « Dans le Montréal-Matin, dans les petites annonces, ils demandaient toujours des barbiers et des bouchers. Comme j'aime travailler avec le public, j'ai décidé de devenir barbier », se rappelle-t-il. Son travail, choisi au nom de la raison, est devenu une véritable passion, tant et si bien qu'il a même transmis celle-ci à sa conjointe qui dirige depuis maintenant 25 ans, le salon de coiffure pour femmes, voisin de Giacomo.
Mais, chez Giacomo, c'est la place des hommes. Ils y entrent comme chez eux. Espresso et Grappa (une boisson forte italienne) y sont offerts aux habitués. Les années ont passé chez le barbier de la rue Fleury, mais les choses sont demeurées les mêmes.
On y retrouve encore les vieilles chaises de barbier achetées à l'époque où le père de Giacomo l'a convaincu d'ouvrir son propre salon, il y a 45 ans. « Il ne s'en fait plus des bonnes chaises comme celles-là. Aujourd'hui, les chaises ne permettent pas de faire la barbe. Elles coûtaient 1000 $ à l'époque », raconte fièrement le barbier. Il faut dire que M. Delle Donne compte parmi les derniers barbiers qui rasent encore leur client.
Dans le temps, c'était chose courante de voir des revues érotiques trôner dans les salons de barbier. M. Delle Donne raconte que les hommes les regardaient en attendant leur tour pour une coupe à 65 sous. Aujourd'hui, les revues sont rangées dans un tiroir, mais les clients peuvent toujours les feuilleter à leur aise. Pour le barbier nord-montréalais, c'est important de conserver l'esprit d'antan et l'ambiance chaleureuse du vieux salon de barbier.
Mais, ce qui a fait la réputation de Giacomo Delle Donne, c'est la « Hollywood haircut » avec du « brylcreem ». « J'ai été le premier à apporter à Montréal-Nord, la Hollywood haircut. Ça "pogné" tout de suite », affirme le barbier en parlant de la fameuse coupe en brosse qu'il prise particulièrement. Ses clients lui restent fidèles, certains depuis l'ouverture du salon, raconte M. Delle Donne en coiffant un garçon de 13 ans à qui il coupe les cheveux depuis la tendre enfance.
Le barbier n'a pas l'intention de lâcher de sitôt son ciseau, mais il souhaite bien que les vieux salons de barbiers qui demeurent l'apanage des hommes ne disparaissent pas. #01D8_GMN
NICOLE GIGNAC
Commentaire mis en ligne le 14 juillet 2008OUI C EST VRAI QUE LE METIER DE BARBIER EST EXALTANT !!!! JE LE PRATIQUE DEPUIS 32 ANS DEJA ET J AI TOUJOURS GARDER LA MEME PASSION !!!! JE VIENS D OUVRIR MON PROPRE SALON ( LES BARBIERES DE VIMONT ) JE FAIT ENCORE DES BARBES ET DES BEAUX GRADUELS !!! J AI TRAVAILLER LONGTEMPS AU HOLLYWOOD VAL D OR SUR STE-CATHERINE OUEST ET A LA PLACE DES ARTS. POUR MOI C EST LE PLUS BEAU METIER DU MONDE LOLLL C EST QUAND MEME DOMMAGE CAR C EST MAINTENANT TRES DIFFICILE DE TROUVER UN COIFFEUR STYLE BARBIER, IL N Y A PLUS BEAUCOUP DE RELEVE POUR CE TRAVAIL QUI DEMANDE UN STYLE TRES DIFFERENT DES COIFFEURS UNISEXE OU LA FINITION DES COUPES NE SE FONT PLUS AVEC LA LAME DE RAZOIR. BONNE CONTINUITE A TOUS MES COMPATRIOTES BARBIERS LOLLL