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Selon des experts, Harper se trompe au sujet de la démocratie

Presse Canadienne Article mis en ligne le 4 décembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - Changer le gouvernement sans la tenue d'élections serait non démocratique selon Stephen Harper mais les experts soutiennent que cette allégation est purement rhétorique.
"Tout ce qui se passe est à la fois légal et constitutionnel", a affirmé un expert à la retraite sur les affaires parlementaires de l'Université de Queen, Ned Franks.
D'autres universitaires ont abondé dans le même sens et ont affirmé que la théorie populiste de M. Harper s'appliquait davantage au système présidentiel américain, dans lequel les électeurs votent directement pour un dirigeant national, qu'à la démocratie parlementaire canadienne.
Au Canada, la population élit des députés dans 308 circonscriptions et un gouvernement conserve le pouvoir tant et aussi longtemps qu'il obtient l'appui de la majorité de ces députés.
"Nous avons une règle selon laquelle la règle pour gouverner est d'avoir la confiance de la Chambre des communes, a affirmé Peter Russel, un ex-professeur de l'Université de Toronto. Je suis désolé, c'est la règle. S'ils veulent la changer, il faudrait réformer ou réécrire la Constitution."
Stephen Harper avait lui-même signé en 2004 une lettre à la Gouverneure générale de l'époque, Adrienne Clarkson, réclamant le droit de former un gouvernement si la minorité libérale de Paul Martin était défaite par un vote de confiance aux Communes.
"Il n'y a pas de doute que ce qu'affirme M. Harper sur le fait qu'il ne peut pas être légitimement éjecté de son poste sans nouvelle élection est archi-faux", a soutenu Jonathan Rose, un expert sur la politique de l'Université de Queens.
Selon M.Rose, sa stratégie de communication a la qualité d'être simple, directe et puissante.
Mais cela a donné aux libéraux, aux néo-démocrates et aux bloquistes une réponse toute faite pour répliquer au premier ministre. "La métaphore de l'opposition selon laquelle il barre les portes du Parlement fait l'affaire. Les gens la comprend", conclut-il.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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