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Jean Charest croit que le 'ni-ni' peut encore être utile

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 mai 2008 à 0:00
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BROUAGE, France - Le premier ministre Jean Charest estime que la politique française de "non-ingérence, non-indifférence", que le président Sarkozy songerait à revisiter, mérite d'être "enrichie" pour mieux refléter la "maturité" des relations franco-québécoises. Il pense toutefois que cette position traditionnelle demeure la seule que pourrait adopter la France si la souveraineté du Québec revenait à l'ordre du jour.
"La question de la ''non-ingérence, non indifférence" se posait dans un contexte où le Québec s'interrogeait sur son avenir, a dit M. Charest dimanche à Brouage, le village natal de Samuel de Champlain. Nous sommes à un moment de notre Histoire où la relation avec la France va beaucoup plus loin que la seule question de l'avenir ou de l'indépendance du Québec."
Jamais Jean Charest n'avait abordé cette question de manière aussi détaillée depuis que l'ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin a laissé entendre, en avril, que le président français était "contre le ni-ni" et qu'il s'exprimerait sur le sujet à Québec en octobre.
Evoquant une relation "mature" promise à de "nouveaux sommets", M. Charest est d'avis que la "non-ingérence, non-indifférence" pourrait être, non pas "réduite", mais "enrichie", du moins "si le président choisit de le faire".
"On ne demande rien au président Sarkozy. Ce qu'on souhaite, c'est que la relation puisse grandir et atteindre de nouvelles dimensions", a précisé Jean Charest, qui sera reçu lundi par le chef de l'Etat français au Palais de l'Elysée.
Toutefois, Québec ne veut pas jeter à la poubelle le dogme de la "non-ingérence, non-indifférence ", qui pourrait encore servir, selon le chef libéral.
"Le concept peut très bien vivre parce que si la question de l'avenir du Québec se posait, je n'ai aucun doute que ce serait la position française. Il me semble que c'est la seule position que la France pourrait adopter", a déclaré le premier ministre.
La perspective de voir Nicolas Sarkozy redessiner les contours de la célèbre formule inventée par le ministre gaulliste Alain Peyrefitte reste donc d'actualité. Un élu régional, le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, y a fait allusion dimanche à Brouage, en soulignant dans une allocution que "toute formule diplomatique peut être améliorée".
" Mais ce qui il y a du Québec dans le cur de chacun d'entre nous passe bien au-delà du langage diplomatique, a nuancé cet ancien président de l'Office franco-québécois pour la jeunesse. C'est vrai que nous aimons toujours le Canada, mais cette fraternité que nous avons avec le Québec, elle est dans notre chair."
Le ministre Bussereau s'est ainsi démarqué, à son tour, de la déclaration du président Sarkozy, qui a semblé mettre sur un même pied, le 8 mai en Normandie, l'amitié de la France pour le Québec et pour le Canada.
A Bordeaux, première étape de la visite de quatre jours en France de Jean Charest, les anciens premiers ministre Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin avaient eux aussi marqué leur préférence pour le Québec.
Revenant dimanche sur les propos de Nicolas Sarkozy, le premier ministre québécois a déclaré pour sa part qu'il ne sentait "pas du tout ''insécure"" face à la volonté de Nicolas Sarkozy de "reconnaître qu'il a une relation avec le Canada".
" Je ne jalouse pas le Canada parce qu'il y a chez nous une maturité dans la relation (avec la France). On ne voit pas ça comme étant proposé aux dépens du Québec", a tranché le premier ministre.
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