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Ottawa aurait été averti dès 2006 de l'usure avancée de la prison de Kandahar

Presse Canadienne Article mis en ligne le 16 juin 2008 à 23:00
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OTTAWA - Des militaires canadiens avaient mis en garde Ottawa, dès janvier 2006, de l'usure avancée des murs de la plus grande prison de Kandahar, où une attaque d'insurgés a entraîné l'évasion vendredi dernier de centaines de talibans et de criminels.
Des notes internes du ministère de la Défense, obtenues grâce à la Loi sur l'accès à l'information, révèlent que des militaires avaient sonné l'alarme sur une structure qui risquait de s'écrouler.
Des experts soutiennent aujourd'hui que l'état de décrépitude des murs pourrait avoir rendu la prison de Sarposa plus vulnérable à une attaque talibane comme celle de la semaine dernière.
"S'ils n'ont pas été réparés et ont continué de se détériorer pendant deux ans, il est très possible que l'état des murs ait facilité la tâche aux talibans", a soutenu l'analyste de la Conférence des associations de la défense, Brian MacDonald.
Les partis d'opposition à Ottawa ont aussi fait état d'un document interne du Service correctionnel du Canada, rédigé en février 2007 à partir de Kandahar, pour tenter de faire la preuve qu'Ottawa était au courant des problèmes à la prison mais avait décidé d'ignorer les avertissements.
A la Chambre des communes, mardi, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a dit ne pas croire que des murs plus épais auraient pu prévenir l'attaque talibane.
"Je ne vois pas comment l'opposition peut suggérer qu'une telle attaque-suicide à la bombe aurait pu être évitée si la prison avait eu des murs plus épais", a lancé M. MacKay.
Le ministre a ajouté que le Canada avait aidé les autorités afghanes à construire des tours de contrôle dans le cadre d'un programme de 1,5 million $ mis en place à l'automne.
Selon les notes internes du ministère de la Défense, la structure vieille de 35 ans - un mélange de briques et de pierres, soutenue par du béton ou du mortier - nécessitait des travaux urgents de réparation.
"En raison du manque d'entretien, le toit et les murs se sont détériorés à tel point qu'ils risquent de s'écrouler", indique une note datée du 12 janvier 2006.
Le document indique que le gouvernement était au courant des problèmes de structure plus d'un an avant la remise du rapport du Service correctionnel du Canada, mais qu'il avait jugé les réparations inutiles à ce moment.
"Il n'y a pas urgence sur les problèmes de structure et les travaux de réparation peuvent être reportés de deux ans encore", peut-on y lire.
Le ministère de la Défense et le Service correctionnel du Canada n'ont pas voulu commenter mardi.
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