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Jean Charest se dit 'rassuré' par le président Nicolas Sarkozy

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 mai 2008 à 0:00
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Jean Charest se dit 'rassuré' par le président Nicolas Sarkozy
President Nicolas Sarkozy, left, wishes good bye to Quebec Premier Jean Charest, right, after their meeting at the Elysee Palace in Paris, Monday May 19, 2008. THE ASSOCIATED PRESS/Michel Euler
BROUAGE, France - Deux bises, des longues poignées de main, un long entretien et une bonne trentaine de gardes républicains en uniforme et sabres au clair en prime: en recevant lundi le premier ministre Jean Charest, le président français Nicolas Sarkozy a multiplié les petits gestes pour montrer son attachement pour le Québec, dix jours après avoir déclaré qu'il aimait "aussi le Canada".
Les deux hommes ont passé une heure ensemble au palais de l'Elysée, dans le cadre d'une rencontre dont la tenue n'avait été confirmée que vendredi, au moment où Jean Charest entreprenait à Bordeaux sa visite de quatre jours en France.
L'avenir des relations franco-québécoises et de la célèbre formule "non-ingérence, non indifférence" a apparemment occupé une bonne part de l'entretien.
M. Charest, qui a parlé d'une "bonne discussion", en est ressorti complètement rassuré sur "l'attachement profond" du président. Selon le premier ministre, il est acquis que l'amitié franco-canadienne "ne se fera pas au détriment du Québec".
"Cette reconnaissance (des sentiments de la France pour le Canada) ne diminue en rien la relation que le Québec a avec la France. Cette relation ne peut pas être diminuée. Elle est tellement forte, tellement intense, tellement fraternelle qu'elle ne pourra jamais être diminuée", a ajouté Jean Charest, en parlant d'une amitié " unique au monde ".
Les assurances données à Jean Charest par Nicolas Sarkozy ne viennent pas clore pour autant la discussion. Il apparaît assez clairement que le président entend actualiser la politique canadienne et québécoise de la France, 30 ans après l'invention de la politique de "non-ingérence, non-indifférence".
Ce week-end encore, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a répété que le chef de l'Etat français "s'exprimera sur la question" à Québec en octobre. Jean Charest, tout en précisant lui aussi que le président s'expliquera lorsqu'il le jugera opportun, a convenu pour sa part dans la cour de l'Elysée que le temps était venu "de faire l'inventaire de notre relation et de regarder vers l'avenir".
Dimanche à Brouage, le village natal de Samuel de Champlain, il avait déjà émis l'opinion que la "non-ingérence, non-indifférence" méritait d'être "enrichie" pour mieux refléter la "maturité" des relations franco-québécoises. Jean Charest pense toutefois que cette position traditionnelle demeure la seule que pourrait adopter la France si la souveraineté du Québec revenait à l'ordre du jour, "dans 20 ou 40 ans", a-t-il ajouté mardi.
"La question de la ''non-ingérence, non indifférence" se posait dans un contexte où le Québec s'interrogeait sur son avenir, a dit M. Charest à Brouage. Nous sommes à un moment de notre Histoire où la relation avec la France va beaucoup plus loin que la seule question de l'avenir ou de l'indépendance du Québec."
Toutefois, Québec ne veut pas jeter à la poubelle la "non-ingérence, non-indifférence".
"Le concept peut très bien vivre parce que si la question de l'avenir du Québec se posait, je n'ai aucun doute que ce serait la position française. Il me semble que c'est la seule position que la France pourrait adopter", a déclaré Jean Charest.
Le premier ministre n'a pas précisé s'il avait évoqué cet aspect de la question avec le président.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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