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Une Chilienne amoureuse du français

Elle décroche un prix de la Francofête en éducation

Marie-Josée Chouinard par Marie-Josée Chouinard
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Article mis en ligne le 24 avril 2008 à 13:16
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Une Chilienne amoureuse du français
Rose-Marie Herrera a obtenu une deuxième place dans le cadre du concours et mérites du français de la 21e Francofête. Son enseignante en francisation, Otilia Stoïan, est fière de sa réussite. - (Photo: Patrick Deschamps)
Une Chilienne amoureuse du français
Elle décroche un prix de la Francofête en éducation
Rose-Marie Herrera est née au Chili. Toute son enfance, elle a parlé espagnol. Pour elle, le français a d’abord été une langue étrangère qu’elle a quelque peu étudié à l’université dans son pays. Aujourd’hui, c’est sa langue seconde, mais d’abord celle qu’elle utilise tous les jours avec une passion peu commune. Son amour du français lui a valu la deuxième place du concours et mérites du français de la 21e Francofête en éducation du Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec.
Quand Otilia Stoïan, enseignante en francisation du Centre Louis-Fréchette, et Rose-Marie Herrera ont reçu la lettre annonçant que celle-ci venait de remporter un prix dans le cadre du concours de français, elles étaient renversées. Lorsqu’elle parle, on entend le rythme chaleureux de la langue maternelle de l’étudiante en francisation, l’espagnol. Mais le texte qu’elle a soumis a démontré sa passion pour sa nouvelle langue.

Rose-Marie Herrera s’est donc rendue à Québec pour recevoir son prix lors d’une cérémonie orchestrée dans le cadre la Francofête en éducation. « Je croyais qu’on me donnait un prix dans une catégorie pour les immigrants ou pour les personnes qui parlent une autre langue. Mais non, j’ai remporté la deuxième place dans la catégorie Éducation des adultes avec les autres francophones », s’exclame Rose-Marie Herrera, encore éblouie par son exploit. En fait, parmi les récipiendaires, elle était la seule qui n’était pas d’origine francophone : la seule qui est arrivée au Québec, il y a seulement cinq ans pour s’installer à Montréal-Nord. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, elle peinait encore à trouver les bons mots en français, elle a réussi à composer un texte de deux pages sur son amour pour la langue de Molière.

Pour Rose-Marie Herrera, le français est la clé qui lui donne accès au monde. C’est par le français qu’elle a développé une complicité avec son enseignante en francisation, Otilia Stoïan, elle-même d’origine roumaine. Pour elle, c’est aussi la langue de l’amour, puisqu’elle a épousé un Québécois d’origine.

À son arrivée en sol québécois, cela n’a pourtant pas été si facile. « Même si j’avais un peu étudié le français, je ne comprenais pas les gens quand ils parlaient. J’étais en choc. Avec tous les régionalismes et les accents, je n’y arrivais pas. J’ai même demandé à quelqu’un quelle langue les gens parlent ici », raconte en riant la chaleureuse dame. Elle s’est donc mise à pratiquer et à lire pour mieux comprendre. Elle s’est aussi inscrite aux cours de francisation offerts au Centre Louis-Fréchette où elle a rencontré son enseignante, devenue son amie.

« J’aime vraiment beaucoup le français. J’étudie, je lis et je fais beaucoup de recherche tous les soirs pour essayer de bien le parler », explique Rose-Marie.

Selon Otilia Stoïan, Rose-Marie est un bel exemple de persévérance. « Dans les cours de francisation, je ne fais pas que montrer le français. J’essaie d'aider les élèves dans leur intégration. Je les encourage aussi à aller plus loin et à aller chercher des diplômes. Les programmes d’éducation aux adultes sont très développés ici », raconte Mme Stoïan, qui a aussi vécu les défis de l’immigration.

Pour sa part, Rose-Marie souhaite maintenant travailler aux côtés de son enseignante en francisation. Elle veut partager son amour du français et communiquer sa passion. En attendant, elle caresse le rêve de visiter la France pour y explorer la littérature médiévale… en français.
« En d’autres termes, si quelqu’un décide de déménager au Mali, il peut le faire sans aucune barrière linguistique. Si jamais il est perdu dans la francophonie, il suffit d’avoir la boussole de la langue pour lui indiquer un repère qui permet du même coup d’aller jusqu’aux confins de la communauté francophone. »
Extrait tiré du texte gagnant de Rose-Marie Herrera

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