Au lendemain de l'émeute, les environs du parc Henri-Bourassa étaient le point de rencontre des policiers, médias et citoyens.
(Photo: Daniel Marchand)
Lendemain de veille
Les environs du parc Henri-Bourassa ont retrouvé un calme relatif au lendemain de la soirée chaotique de dimanche, alors que des émeutiers avaient allumé des feux, pillé des commerces et tiré des coups de feu vers les quelque 500 policiers venus contenir les dégâts.
L'intersection du boulevard Rolland et de la rue Pascal avait un visage nouveau, lundi, transformée par la venue de rares visiteurs. Les différents médias, de même que les policiers, y avaient établi leur quartier général.
Les traces des feux improvisés la veille ornaient le pavé, fondu et noirci. Des cordons de sécurité isolaient les immeubles affectés par les flammes. Des voitures de police bloquaient l'accès à une section de la rue Pascal. Et une remorqueuse amenait une carcasse d'automobile carbonisée à la morgue.
Les citoyens de Montréal-Nord erraient près de l'intersection, constatant les dégâts des débordements de la veille. Chacun y allait de son commentaire, ses impressions.
Trois jeunes du secteur, qui désirent conserver l'anonymat, discutaient près des camions de télévision. « Je n'y étais pas. J'ai vu ça aux nouvelles et je me suis dit: ''c'est Montréal-Nord ça?'' », relate l'un d'eux.
À quelques mètres de là, Huguette et Clarence Michaud avaient des opinions divergentes sur les émeutes qui ont secoué le quartier dans lequel ils résident depuis plusieurs années. « Je trouve ça épeurant. Je m'en irais d'ici », relate la dame. Son mari affirmait, pour sa part, ne pas craindre le secteur. « Il y a de la violence partout », justifie-t-il.
(Photo: Daniel Marchand)
Robert Xymer
Commentaire mis en ligne le 13 août 2008Lettre ouverte aux policiers et policières de Montréal
Dans la foulée des événements survenus à Montréal-Nord, je tenais à m'adresser aux policiers et policières de la ville de Montréal. En tant que citoyen, je tiens à vous remercier pour le travail exceptionnel et exigeant que vous faites avec passion et conviction, jours après jours.
Sachez qu'il existe encore des citoyens qui vous font confiance, vous appuient et comprennent l’importance de votre présence. Je crois qu’il est plus que jamais nécessaire de se rappeler que si nous pouvons vivre en paix dans nos collectivités, c'est grâce à votre travail quotidien pour maintenir l’ordre et assurer notre sécurité.
La loi est le fondement de notre société démocratique et vous êtes ses défenseurs, sa force, sa présence concrète. Vous êtes ceux et celles qui ont fait le serment de servir et protéger vos concitoyens, malgré toute l’ingratitude dont est capable notre société à votre égard. On vous insulte, on vous manque de respect, on vous critique lorsque vous signifiez des constats d’infraction aux irrespectueux de la route et on cris à l’abus et à la bavure à la moindre intervention et c'est un scandale lorsqu'elle implique le recours à la force. On vous traite trop souvent comme des criminels tandis que ceux-ci seront considérés comme vos victimes. On parle de bavure policière, sans même réellement savoir ce qui s'est produit. Et vous persistez malgré tout à faire votre métier, à répondre aux appels des citoyens et citoyennes vous réclamant et à assurer une présence protectrice et rassurante dans nos quartiers.
Il semble qu’une majorité n’ose pas crier haut et fort qu’ils appuient leurs policiers et policières, affirmant ainsi clairement leur désir de vivre en paix dans une société sécuritaire. Au contraire, on n’entend davantage les clameurs de ceux et celles qui aimeraient mieux vous voir absents, sans jamais s’être demandé ce que serait la société sans vous. Vous êtes le pilier de nos droits individuels, notre protection contre ceux et celles qui n’ont aucun respect pour autrui.
Merci d'être là pour nous et sachez que vous n'êtes pas seuls dans votre camp.