Un plan d’urgence pour donner une voix à la population
Un plan d’urgence vient d’être mis en branle par Solidarité Montréal-Nord. Le plan vise un seul et principal objectif: donner une voix à la population qui a un besoin criant de se faire entendre.
Rappelons que Solidarité Montréal-Nord a vu le jour de façon spontanée, le lendemain des émeutes. Ce lundi du mois d'août, dès 6 h, aux Fourchettes de l’espoir, plusieurs s’étaient attelés au travail pour ramasser les dégâts et se préparer à accueillir les jeunes du camp de jour qui venaient de passer une nuit mouvementée.
La directrice des Fourchettes de l’espoir, Brunilda Reyes, se rappelle que des intervenants des organismes se sont mis à arriver un à un pour prêter main-forte et venir aux nouvelles. Ainsi est née Solidarité Montréal-Nord, qui regroupe une vingtaine d’organismes communautaires et institutions du secteur, dont le CSLC et l’arrondissement.
Mme Reyes mentionne que le premier objectif de Solidarité Montréal-Nord a été de soutenir la famille de Fredy Villanueva et celles des deux autres jeunes blessés lors de l’intervention policière. Ensuite, les intervenants ont voulu écouter ce que la population avait à dire.
Le constat a été frappant. Les résidents du nord-est de l’arrondissement ne se sentent pas écoutés. Ils se sentent isolés. « On parle toujours de la grande famille de Montréal-Nord. Eux disent que quand ils entendent cela, ils se sentent comme des enfants illégitimes », mentionne Mme Reyes.
Selon la directrice des Fourchettes de l’espoir, les émeutes ont été la façon que ces citoyens ont trouvée pour se faire entendre. « Les émeutes ont été un moyen de communication. Ce n’est pas le meilleur moyen de communication, mais c’est ce que cela a été », estime-t-elle. À ses yeux, si les choses ont dégénéré de cette façon, les organismes sont en partie responsables. « Si cela a explosé, c’est que quelque chose nous a échappée », avoue Mme Reyes. Selon elle, la colère de la population demeure un feu latent qui pourrait éclater à tout moment si les citoyens n’ont pas une tribune pour s’exprimer.
Le plan d’urgence élaboré par Solidarité Montréal-Nord veut rétablir ce dialogue. « Il ne faut pas que ce décès serve à rien. Il faut que cela provoque de vrais changements », clame Mme Reyes, qui est aussi porte-parole de Solidarité Montréal-Nord.
Le plan du mouvement s’étale sur huit semaines. Au cours de cette période, les partenaires veulent créer diverses activités où les citoyens auront l’occasion de se faire entendre. Ils profiteront aussi d’événements déjà prévus pour les intensifier et créer des occasions de dialogue. Il s’agit d’un plan à court terme pour donner la parole aux citoyens.
« Le milieu communautaire doit être à l’écoute. On se donne ensuite la responsabilité d’alimenter les chantiers avec ces informations », mentionne la porte-parole.
Tous les commentaires recueillis devraient être transmis lors de l’élaboration des sept chantiers mis de l’avant par l’arrondissement et Montréal-Nord en santé. Ces chantiers touchent les dossiers scolaire, sécurité-prévention, emploi, jeunesse, aménagement et équipements collectifs ainsi que famille.