Affaire Villanueva : des personnalités interpellent le premier ministre
Des personnalités provenant de plusieurs milieux ont manifesté leur inquiétude devant les bureaux du premier ministre Jean Charest, à la suite donnée aux événements survenus à Montréal-Nord, en août 2008, au cours desquels Fredy Villanueva est mort.
Du même coup, une lettre demandant au premier ministre de les rencontrer le plus rapidement possible a été rendue publique.
Les signataires de la missive rappellent au premier ministre que son « gouvernement s'est abstenu de retenir des accusations à l'encontre des policiers, mais qu'il s'est engagé à faire toute la lumière sur les événements dans le cadre d'une enquête où il fallait aller au fond des choses et procurer aux victimes les ressources nécessaires pour qu'elles participent à l'exercice ».
Selon les membres du regroupement, rien de tout cela ne s'est matérialisé. Le ministre de la Sécurité publique a plutôt imposé le cadre rigide d'une enquête du coroner. Les signataires lui reprochent aussi d'être revenu sur son engagement à fournir aux familles les ressources nécessaires, afin qu'elles soient valablement représentées à l'occasion de l'enquête. Leurs moyens ne sont pas comparables à ceux octroyés par les fonds publics aux policiers impliqués.
« Dans ces conditions, il apparaît évident que la famille Villanueva, les autres victimes et leurs familles ne participeront pas à l'enquête. Ce faisant, loin d'assainir la situation, nous avons l'intime conviction que l'opération du ministre va plutôt alourdir le processus, ajoutant à la perception de graves injustices commises à l'endroit des minorités la certitude que les autorités feront toujours tout pour les nier. Nous sommes inquiets.
« L'enquête, telle que dessinée, ne permettra pas d'aller au fond des choses comme le souhaite la population en général, et celle de Montréal-Nord en particulier. Elle n'est ni ouverte, ni transparente, mais plutôt susceptible de ne générer que suspicion. Une véritable commission d'enquête publique s'impose avec un mandat large et des moyens appropriés pour les familles, ainsi que les jeunes témoins des événements, de telle sorte que le débat soit porteur de coopération et de solutions durables », écrivent-ils.
Ceux-ci souhaitent donc rencontrer le premier ministre pour lui expliquer leur point de vue et qu'une enquête ait lieu pour qu'elle contribue à la paix, à la justice et à la cohésion sociale.
Parmi les signataires de la lettre, on retrouve notamment Richard Bergeron, de Projet Montréal, Françoise David, de Québec solidaire, Amir Khadir, député provincial de Mercier, Luck Mervil, chanteur, Thomas Mulcair, député fédéral d'Outremont, Gérald Larose, professeur en travail social à l'UQAM, Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec, et Louise Harel, ancienne députée provinciale de Hochelaga-Maisonneuve. (S.C.)