Un papa heureux avec son enfant. Photo prise par la maman, le premier jour de classe 2009-2010 à l’Académie Louis-Pasteur.
Une école privée entre Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies
Le jeudi 20 août 2009, soit une semaine avant les écoles publiques, c’était la réouverture scolaire à l’Académie Louis-Pasteur, une école privée située à la frontière de Rivière-des-Prairies et de Montréal-Nord. Certaines personnes parlent de « Montréal-Noir » pour Montréal-Nord et « Rivière-des-Pourris » pour Rivière-des-Prairies. Votre observateur sociocommunautaire a même déjà entendu un agent immobilier parler de Rivière-des-Pauvres pour parler de Rivière-des-Prairies.
L’agent immobilier en question voulait plutôt vendre à son client une maison située dans Hochelaga-Maisonneuve, à la proximité du plateau Mont-Royal. Mais, l’ancien résidant de Montréal-Nord avait opté pour Rivière-des-Prairies. C’est le parcours typique de plusieurs locataires de Montréal-Nord qui achètent très souvent leur première maison à Rivière-des-Prairies ou à Laval, surtout à Saint-François parce que c’est moins dispendieux.
Mais, revenons à l’Académie Louis-Pasteur. Pourquoi cet emplacement ?
Selon Gisèle Bisaillon, la directrice générale (dg), l’institution a d’abord porté le nom de l’École Pasteur fondée en 1956 par Julie Laspeyres, une Française. Ce n’est qu’en mai 1994 que l’institution est devenue Académie Louis-Pasteur, constituée en corporation à but non lucratif selon les lois du Québec. Avant d’adopter ce nouveau site inauguré en janvier 2007, construit aux coûts de plusieurs millions de dollars à côté du Cégep Marie-Victorin, l’Académie Louis-Pasteur avait pignon sur la rue Edger, puis Amos, dans l’arrondissement de Montréal-Nord où elle a pris naissance.
« Au niveau du contenu pédagogique émis par le ministère de l’éducation du Québec, il n’y a pas de différence entre une école publique et une école privée. Cette dernière ne fait que de l’enrichissement, c’est-à-dire elle ajoute des choses », affirme Mme Bisaillon. Par contre, la directrice a souligné que les parents qui choisissent l’école privée pour leurs enfants sont généralement plus exigeants et collaborent beaucoup plus avec l’école. « Dans le secteur publique, il règne une sorte d’illogisme systémique. L’organisation fait des éléphants blancs, un personnel trop gros qui n’a pas assez de temps pour l’enfant et les parents», soutient la dg de l’Académie Louis-Pasteur. Elle laisse sous-entendre que ça joue un rôle dans le fait que « 35% des enseignants du secteur public quittent au cours de leurs cinq premières années de carrière ».
Si l’on se fie aux commentaires de la dirigeante de l’Académie Louis-Pasteur, certains parents semblent avoir raison de se saigner à blanc pour offrir à leurs enfants une éducation à l’école privée.
Mais, à l’heure de Guy A. Lepage, il était impossible de faire une entrevue sans poser une question qui tue. « Ces temps-ci, il y a tout un débat au sujet du financement des écoles privées par le gouvernement du Québec. Pensez-vous qu’il est juste que l’état subventionne les écoles privées ? ». À cette question, Mme Bisaillon a répondu : « Oui. Je pense que les Québécois ont le droit à ce choix. On ne doit pas leur enlever ce droit de choisir entre l’école publique et l’école privée. D’ailleurs, l’état ne supporte que la moitié des frais. Les parents paient l’autre moitié, en plus des impôts et des taxes scolaires qu’ils paient à chaque année. La question du financement de l’école privée par l’état est un faux débat qui existe depuis plusieurs années. De plus, le secteur public n’a pas les moyens de récupérer cette clientèle si l’école privée doit disparaitre. En conservant le choix de l’école privée, L’état a tout à gagner », a-t-elle conclu.
Évidemment, toutes ces affirmations demeurent celles d’une directrice générale d’une école privée. Elle prêche pour sa paroisse. Il n’y a rien d’anormal là-dedans.
De l’autre côté, on a aussi remarqué que les montants offerts par Hydro-Québec à plusieurs écoles privées soulèvent beaucoup de questions. Une bonne partie de la population ne le prend pas, parce que bien entendu, le PDG de la société d’état est aussi président du conseil d’administration du Collège Notre-Dame et que le Collège Bréboeuf est son ancienne école. Ensemble, ces deux écoles privées devraient recevoir 450 000$ de subvention d’Hydro Québec. C’est sûr qu’il y a apparence de conflit d’intérêt. Mais, il faut noter que ni le premier ministre du Québec ni la ministre en chef d’Hydro-Québec n’a demandé la démission du PDG de la société d’état. Tout ça semble avoir été fait dans les règles, à la satisfaction de ces décideurs, doit-on comprendre.
À la lumière de tout ce qui précède, doit-on abolir l’école privée ? Doit-on maintenir l’école privée, mais abolir la partie du financement de l’état ? Doit-on garder le statuquo ? À chacun d’en juger.
kidrou baaziz
Commentaire mis en ligne le 23 janvier 2010L’agent immobilier en question voulait plutôt vendre à son client une maison située dans Hochelaga-Maisonneuve, à la proximité du plateau Mont-Royal. Mais, l’ancien résidant de Montréal-Nord avait opté pour Rivière-des-Prairies. C’est le parcours typique de plusieurs locataires de Montréal-Nord qui achètent très souvent leur première maison à Rivière-des-Prairies ou à Laval, surtout à Saint-François parce que c’est moins dispendieux.
Mais, revenons à l’Académie Louis-Pasteur. Pourquoi cet emplacement ?
Selon Gisèle Bisaillon, la directrice générale (dg), l’institution a d’abord porté le nom de l’École Pasteur fondée en 1956 par Julie Laspeyres, une Française. Ce n’est qu’en mai 1994 que l’institution est devenue Académie Louis-Pasteur, constituée en corporation à but non lucratif selon les lois du Québec. Avant d’adopter ce nouveau site inauguré en janvier 2007, construit aux coûts de plusieurs millions de dollars à côté du Cégep Marie-Victorin, l’Académie Louis-Pasteur avait pignon sur la rue Edger, puis Amos, dans l’arrondissement de Montréal-Nord où elle a pris naissance.
« Au niveau du contenu pédagogique émis par le ministère de l’éducation du Québec, il n’y a pas de différence entre une école publique et une école privée. Cette dernière ne fait que de l’enrichissement, c’est-à-dire elle ajoute des choses », affirme Mme Bisaillon. Par contre, la directrice a souligné que les parents qui choisissent l’école privée pour leurs enfants sont généralement plus exigeants et collaborent beaucoup plus avec l’école. « Dans le secteur publique, il règne une sorte d’illogisme systémique. L’organisation fait des éléphants blancs, un personnel trop gros qui n’a pas assez de temps pour l’enfant et les parents», soutient la dg de l’Académie Louis-Pasteur. Elle laisse sous-entendre que ça joue un rôle dans le fait que « 35% des enseignants du secteur public quittent au cours de leurs cinq premières années de carrière ».