L'exposition présentée au Château Dufresne retrace plus de 60 ans de la carrière de Bernard Morisset.
(Photo : Daniel Marchand)
22bfl.jpg
Soixante ans de peinture avec Bernard Morisset
Des influences de Borduas à aujourd'hui
Il y a de ces rencontres qui changent à jamais le cours de notre vie. C'est ce qui est arrivé à Bernard Morisset lorsqu'il a fait la connaissance de Paul-Émile Borduas. Une influence que l'on peut constater à même ses œuvres qui sont exposées jusqu'au 15 février au Musée du Château Dufresne.
La rencontre a eu lieu dans les années 40. Bernard Morisset était alors un jeune élève à l'École du meuble de Montréal avec, comme confrère, quelques-uns de ceux qui allaient devenir des figures marquantes de l'histoire de l'art québécois, des noms tels que Jean-Paul Riopelle et Marcel Barbeau. « À l'école du meuble, on faisait surtout de l'ébénisterie, explique le peintre. Et puis un jour, j'ai eu ce professeur, Paul-Émile Borduas, qui m'a complètement tourné à l'envers et qui a changé ma vie. » Un homme qui est devenu un mentor, mais aussi un grand ami.
C'est à cette époque que Bernard Morisset a réalisé ses premières expositions avec le groupe Automatistes, qui rassemblait des artistes s'inspirant du mouvement né sous les pinceaux de Borduas. Déjà, à cette époque, on pouvait remarquer dans les toiles de Morisset son style qui interpelle par ses explosions de couleurs. « Je me sers de toutes les couleurs que j'ai dans mon atelier », affirme en souriant l'artiste de cette voix posée et calme qui inspire le respect et la bienveillance.
Malgré sa passion pour la peinture, Morisset a tout de même, pendant de nombreuses années, interrompu ses activités de peintre pour se consacrer entièrement à sa carrière de décorateur et de designer. Ce n'est qu'en 1972, qu'il s'est remis à ses pinceaux.
« Ce qui est fascinant quand on regarde les toiles de Riopelle et de Morisset, c'est de tenter de comprendre ce qui se passe dans leur tête. C'est quelque chose de mystérieux et de fantastique », a souligné son ami et aussi le président d'honneur de l'hommage présenté au Château Dufresne, Gérard Veilleux, lors du vernissage de l'exposition.
« Quand je veux faire un tableau, je dois être créatif. Cela ne doit pas être quelque chose de déjà vu. Je pars du néant, c'est inquiétant, je ne sais pas où cela va commencer. Cette insécurité peut durer une couple d'heures et puis, à un moment donné, il se produit un accident et la confiance se gagne en persévérant. À partir de là, je continue à évoluer », explique l'artiste.
Le tout est créatif et surprenant. On peut en dire autant des œuvres de Lyne Gagnon, une artiste de la relève qui, pour le temps d'une exposition, a été jumelée à Bernard Morrisset. Quatre toiles de celle qui signe tout simplement Gagnon complètent admirablement bien cette exposition qui rend hommage à l'artiste accompli qu'est Bernard Morisset.
Les toiles exposées sont en vente au profit de la Fondation du Musée du Château Dufresne. Le musée est situé au 4040, Sherbrooke Est. L'entrée se fait par le 2929, rue Jeanne-d'Arc. Le musée est ouvert du jeudi au dimanche, de 10 h à 17 h.
22AFl.jpg
(Photo : Daniel Marchand)
22bfl.jpg
(Photo : Daniel Marchand)